mardi, mai 29, 2007

La Trilogie de Bartimeus, Vol. 2

J'avais déjà livré mon avis sur le premier volet de cette trilogie (voir L'amulette de Samarcande). Je craignais en attaquant le second, tout aussi épais que le premier, que l'auteur ne s'essoufle et moi avec. Ce ne fut pas le cas. Il s'agit bien d'un second épisode. Certains personnages qui occupaient le second plan dans la premier volume occupent désormais le devant de la scène et vice-versa. Les personnages évoluent, ainsi que l'intrigue, laquelle, loin de se répéter, se renouvelle. Le troisième volet attend sagement sur ma bibliothèque. Je vous dirais alors si le dénouement est à la hauteur de mes espérances et si Jonathan Stroud parvient à se sortir de la toile qu'il a lui-même tissée.

Jonathan STROUD, L'oeil du Golem, Albin Michel, 17 euros.

dimanche, mai 27, 2007

Intrigue à l'anglaise


Oyez, oyez! Amoureux d'histoire médiévale et d'intrigues à rebondissements, courez chez votre libraire de quartier vous procurer le dernier roman d'Adrien Goetz! Partez sur le chemin de la vérité aux côtés de l'intrépide Pénélope Breuil, conservatrice adjointe au musée de Bayeux. Que se cache t'il derrière les fragments manquants de la célèbre tapisserie qui, dit-on, aurait été brodée par la belle Mathilde, épouse de Guillaume le Conquérant? Et surtout qui a intérêt à garder ce secret dans l'oubli?


"Da vinci Code" à la française pour certains, ce livre m'évoque surtout le trés bon roman de Frédéric Lenoir et Violette Cabesos, "La promesse de l'ange" (Albin Michel, 21,50 euros, paru en Livre de poche, 7,50 euros). Si ce dernier mettait en scène l'atmosphère magique du Mont Saint Michel et de sa baie, l'ouvrage d'Adrien Goetz nous transporte dans le Bessin, dans la trés jolie ville de Bayeux dans le Calvados, fief de Guillaume le Batard. Dans les deux romans, l'enquête, non pas policière mais historique, est menée par une femme de caractère, archéologue pour l'un, conservatrice du patrimoine pour l'autre et une rivalité amoureuse va opposer deux personnages masculins pour le coeur de la belle scientifique. Mais la comparaison s'arrête là. Différents dans le style comme dans la construction, ils réunissent tous deux le mystère au coeur de l'histoire et en plus, pour mon plus grand plaisir, au coeur de notre belle Normandie.


Si l'histoire est assez bien ficelée et les retournements de situations bien amenées, on relevera néanmoins quelques faiblesses dans cette "Intrigue à l'anglaise". Certains points sont trop vite éludés, quelques histoires pas bien élucidées et les personnages manquent en outre un peu de relief. Le roman fait 330 pages, mais il aurait pu en faire 500 si cela avait servi à approfondir l'histoire, l'épaissir. On finit un peu frustré de ne pas avoir parcouru plus avant les paysages du Bessin et il semble qu'il manque quelque chose à l'histoire de ces personnages dont, au fond, on ne sait pas grand chose à la fin du récit. On aurait aimé que le personnage de Pierre soit plus riche et celui de Pénélope nous parait un peu trop lisse. La relation entre la belle conservatrice et Wandrille aurait mérité plus d'attentions de la part de l'auteur, ainsi que celle qu'elle noue avec Pierre, le jeune journaliste local. Enfin, on peut s'interroger sur l'utilité pour le récit du "club" de Pénélope et Wandrille, dont je vous laisse découvrir de quoi il s'agit.


Mais au final, ce roman n'en demeure pas moins une belle réussite et si le but de l'auteur était bien de nous tenir en haleine, on peut dire qu'il est atteint. Un beau coup de coeur donc que je vous recommande chaleureusement, à lire par temps de pluie comme aujourd'hui pour l'atmosphère normande! J'en profite au passage pour conseiller vivement à ceux qui ne l'ont pas encore fait de visiter Bayeux et le musée de la Tapisserie. Personnellement, je l'ai déjà fait deux fois et à la lecture de ce roman, je ne me priverai pas d'une troisième!
Adrien GOETZ, Intrigue à l'anglaise, Grasset, 330 pages, 18 euros.

Un heureux évènement

Paru chez Albin Michel en 2006 et édité cette année en Livre de Poche, le livre d'Eliette Abécassis avait valu, de la part du réprésentant des éditions Albin Michel, lors de son passage dans la librairie où je travaille l'année dernière, ce commentaire: "Oh ça, ça ne vaut pas la peine!". "Ca" est un ouvrage sur la grossesse et ses conséquences dans la vie d'une jeune femme d'aujourd'hui et sur son couple. Une jeune femme qui a fait des études, travaille et est attentive à sa féminité.

Mais pour un homme, ce roman est plus que dérangeant. Car c'est le récit d'une femme et donc... de ses angoisses féminines. On vit avec le personnage principal les sensations de la grossesse, les nausées du matin, le sentiment de subir une métamorphose corporelle dont aucun régime ne viendra à bout sinon une attente de neuf mois avant d'expulser l'intrus. Cet ouvrage cristallise tous les désagréments qu'apporte la grossesse, les doutes, les sautes d'humeur, les problèmes pratiques (faire garder bébé, se promener sur Paris-plage, déplier la poussette...), l'omniprésence des belles-mères, le désir des parents.

Il pose la question de la place de l'enfant dans le couple et de l'évolution du couple autour de l'enfant. Il interroge sur la place du père et sur la naissance de la mère. Il interroge aussi le désir d'enfant. Et s'il ne s'agit pas d'un roman essentiel, il a en tout cas le mérite de poser certaines questions que les jeunes actifs ou sur le point de le devenir que nous sommes nous posons ou nous poserons un jour. Ai-je envie d'un enfant, suis-je capable d'en assumer un, serais-je assez mature pour en assurer la responsabilité, mon compagnon est-il le futur père de mes enfants, mon couple resistera t'il,...?

Néanmoins, la conclusion laisse un peu sur sa faim. On se demande quel est finalement le message de l'auteur, car la conséquence de ce petit livre trés court, c'est qu'aprés l'avoir lu, des enfants...on n'est pas prêts d'en avoir!

Eliette Abécassis, Un heureux évènement, Livre de Poche, 5 euros.

samedi, mars 03, 2007

Nedjma, L'amande, Plon, 2004



Badra, jeune femme musulmane, quitte un jour son village natal pour fuir un mari qu'elle n'a pas choisi et auprès duquel elle fane lentement. Elle se réfugie à Tanger chez une tante, femme moderne et libérée qui l'introduit dans la bonne société tangeroise et lui prodigue ses conseils. L'héroïne va alors rencontrer Driss, jeune médecin séduisant et sûr de lui dont elle va tomber trés amoureuse et avec qui s'entame une relation charnelle trés intense. Driss va initier Badra à l'amour physique, éveiller ses sens, aiguiser sa soif de désir et l'encourager à plus de sensualité. Cependant, cette relation passionnée, dominée par leur désir enflamméva vite se révéler sans avenir.

Ce livre se pose comme le témoignage unique d'une jeune femme musulmane évoquant sa sexualité. Il apparait donc comme un ouvrage politique, l'affirmation de la liberté morale et sensuelle d'une jeune femme marocaine. A une époque où l'islam se fait plus que jamais sévère, intransigeant, extrême; à une époque où les femmes doivent encore assurer leurs droits par le biais d'associations comme "Ni pute, ni soumises", ce roman se veut libérateur, une fenêtre sur l'intimité de femmes voilées, cloitrées, réduites au silence,... Mais est-ce bien l'objet de ce livre? C'est du moins ce que laisse penser la quatrième de couverture.

En réalité, il s'agit ni plus ni moins que de littérature érotique sur fond d'extosime marocain. Le poids des traditions y bien sûr présent et on sent une vague de révolte nous étreindre la gorge lorsque l'auteur décrit la défloraison de la jeune femme, mariée selon les convenances à un homme du village bien plus agé qu'elle et qui, pour première expérience charnelle, ne lui offre que violence et humiliation. Mais la véritable découverte du plaisir de l'héroïne auprès du beau Driss ne suscite guère d'émois. La plume de l'auteur n'a pas le pouvoir d'éveiller nos sens. Le récit prend rapidement un tour malsain. Ni amour ni excitation dans ce roman. Mais du sexe oui. Badra est une jeune femme torturée, captive d'une relation physique sans avenir...

So what?

Nedjma, L'amande, Plon, 2004, 18 euros (paru en Pocket, 6,30 euros)

samedi, janvier 27, 2007

Ligue pour la Protection des Oiseaux


La protection de l'environnement ce n'est pas seulement un message à la mode pour nos candidats à la présidentielle, c'est surtout un but à atteindre qui nécessite une implication de chacun, que ce soit au sein d'associations ou par des petits gestes au quotidien (tri selectif des déchets, économie d'eau et d'énergie, utilisation des transports en commun, consommation des produits de saison et si possible qui n'ont pas voyagé par avion, etc...).

Alors voici un peu de pub pour la Ligue pour la Protection des Oiseaux pour qui je fais un peu de bénévolat. Je vous invite à consulter leur site Internet (www.lpo.fr). Parce que la vie sauvage est un bien commun qu'il faut préserver, parce que chaque espèce est utile, parce que l'oiseau est symbole de paix, et pour tant d'autres raisons, n'hésitez pas à prendre connaissance de leurs actions, pourquoi pas à vous engager à leurs côtés ou simplement à adhérer. La LPO organise aussi des sorties "ornitho" (pour l'Ile de France voir http://ile-de-france.lpo.fr).

J'en profite pour vous faire part de l'ouvrage de mon amie Elise Rousseau, attachée de presse de la LPO, intitulé "La France à tir-d'aile" (Delachaux et Niestlé, 2005) et qu'elle a rédigé en collaboration avec Philippe Dubois. Elle a également publié une "Anthologie du loup" (2006) chez le même éditeur et un ouvrage sur les chevaux destiné aux enfants ("Les chevaux racontés aux enfants") paru en 2006 aux éditions de La Martinière.

Alfred ASSOLLANT, Capitaine Corcoran, Le Serpent à Plumes, 522 pages.



En voilà un que j'ai déniché en me baladant dans les rayons de Gibert-Jospeh. Et c'est une perle. Ce roman date du 19ème siècle mais il a été réédité en poche par les éditions du Serpent à Plumes en 2006. Le style est admirable. Et les aventures de ce Capitaine Corcoran, absolument rocambolesques! Ou les péripéties d'un marin breton parti sur les traces d'un manuscrit indien pour le compte de l'Académie de Sciences de Lyon, accompagné de sa fidèle amie, Louison... une tigresse du Bengale. C'est tout simplement jouissif, plein d'humour et d'aventure. Un vrai plaisir.

ASSOLLANT Alfred, Capitaine Corcoran, Le Serpent à Plumes, collection Motifs, 10 euros.

Dictionnaire des intellectuels français


Ce n'est pas un roman, ni un livre de chevet, ni un dictionnaire des noms propres. Ce n'est pas non plus un livre qu'on balade dans la métro, ni qu'on lit pendant les vacances (encore que). Ce n'est même pas une nouveauté. La première édition date de 1996 et la seconde de 2002. Alors pourquoi, comment trouve t'il sa place dans les lectures que je veux vous recommander? D'abord, c'est pour moi le souvenir de mes années de fac à Dijon et de mes exposés d'histoire contemporaine. Mais cet ouvrage s'adresse surtout aux curieux, qui cherchent à en savoir un peu plus sur les grands hommes (et femmes) qui ont marqué la vie intellectuelle de notre pays : éditeurs (Christian Bourgois), psychanalystes (Jacques Lacan, Françoise Dolto ou encore J.-B. Pontalis), philosophes (Paul Ricoeur), géographes (Paul Vidal de la Blache), historiens (Fernand Braudel), écrivains (Romain Rolland), hommes politiques, cinéastes, artistes et tant d'autres, inclassables. Cet ouvrage, dirigé par Jacques Julliard et Michel Winock, est une mine d'or, à feuilleter au gré de ses envies.

JULLIARD, WINOCK (dirs), Dictionnaire des intellectuels français, Seuil, 30 euros.

Alain MONNIER, Givrée, Flammarion, 185 pages.


Ca commence avec un frigo, d'où le titre. Ou bien est-ce l'héroïne qui est tendrement givrée? C'est donc l'histoire d'une fille, Marie, qui a des problèmes de frigo, mais pas que. Et cette Marie, dès les premières pages, on l'aime bien. Parce qu'elle a des emmerdes, comme nous. Et d'ailleurs, en fait, Marie, c'est nous. Problème de frigo, problème de coeur, problème avec le service client, problème avec son père... Marie, c'est une fille normale, sauf qu'il lui arrive des choses extraordinaires, à cause... de son frigo! Vous voilà dans le bain .

Si les 905 pages des "Bienveillantes "de Jonathan Littell (Gallimard, Prix Goncourt 2006) vous ont découragé, procurez-vous ce petit roman de 185 pages, si léger et drôle, que vous n'en ferez qu'une seule bouchée. C'est frais, vivifiant, saisissant, mordant, un morceau de lecture qui fond au creux de la paume. Le style est simple et gai. L'auteur nous prend à parti, nous implique, parce que nous avons tous une part de Marie, un brin de folie, parce que nous sommes tous un brin givrés.

MONNIER Alain, Givrée, Flammarion, 2006, 15 euros.

mardi, avril 11, 2006

Les librairies d'occasion... ou le plaisir de fouiller dans des caisses

Il y a quelque chose de magique chez le bouquiniste, une part de mystère, d'inconnu. Si vous avez déjà franchi le seuil d'une de ces petites boutiques qui sentent le renfermé et les vieux papiers alors vous connaissez l'atmosphère si particulière qui s'en dégage. Il y a, selon moi, trois avantages à fréquenter ce genre de librairie.

Tout d'abord, le prix, trés modeste, des ouvrages, même si certains sont à l'inverse de véritables pièces de collection qui coûtent une fortune. Vous savez tous combien les livres neufs sont chers et à quel point ils grèvent parfois notre budget. Les livres d'occasion ont l'avantage d'être trés bon marché et de vous procurer de la lecture à prix trés modique. Bien sûr, cela suppose toutefois de faire le tri. On trouve de tout chez les bouquinistes, y compris de vrais épaves rendus illisibles par les outrages du temps et des lecteurs peu consciencieux.

L'autre avantage, c'est que, chez les bouquinistes, on trouve parfois des petites perles épuisées, indisponibles dans les librairies traditionnelles. Pour ma part, c'est chez les libraires d'occasion que je complète ma collection des livres de René Barjavel, à laquelle ne manquent maintenant que ses ouvrages épuisés chez l'éditeur!

Enfin, il y a la surprise! Bien sûr, on se laisse aussi surprendre chez son libraire de quartier (je ne saurais trop vous encourager à privilégier les librairies indépendantes face aux grandes enseignes sans âmes!), mais chez le bouquiniste, on se fait l'effet d'un aventurier face à la malle au trésor! Et moi, j'adore me sentir aventurière, fouiller avec frénésie dans les bac toujours pleins à rabord pour ressortir les bras chargés de nouvelles lectures inattendues !

mercredi, avril 05, 2006

GANTHERET François, Comme le murmure d'un ruisseau, Gallimard.


François Gantheret fait partie de ces auteurs qui, par la magie de leur plume, parviennent à vous extraire du monde dans lequel vous évoluez pour vous plonger dans le leur. Dans son dernier roman, l'auteur nous emmène en Haute-Savoie et réstitue pour nous, avec des mots toujours justes, le bruit des torrents, les parfums de montagne, l'ivresse de l'air d'altitude. Il fait si bien résonner en nous les émotions de ses personnages qu'il nous semble parfois partager leur intimité et faire notre leurs pensées.

C'est l'histoire de Paul, psychiatre parisien de 45 ans, qui vit avec le souvenir douloureux de la mort de son amour d'enfance, Claire, assassinée 30 ans auparavant et dont le meurtrier n'a jamais été démasqué. Des années plus tard, il retourne au pays pour vendre la ferme de son père et rencontre Béatrice, la jeune soeur de Claire, qu'il n'a jamais connue car elle est née deux ans aprés la mort de cette dernière et qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la défunte.

C'est une histoire de fantôme donc, dont le souvenir continue de vivre dans l'esprit des vivants, dans leurs coeurs, mais qui réssucite également bien des douleurs, des souffrances enfouies, des secrets longtemps protégés mais jamais oubliés. A travers le personnage de Paul, François Gantheret nous invite à réfléchir sur le sens donné à la vie, sur l'amour et la façon d'aimer, sur l'avenir et l'espoir.

GANTHERET François, Comme le murmure d'un ruisseau, Gallimard, 12.90 euros.

COE Jonathan, Testament à l'anglaise, Folio, Gallimard.


C'est comme un puzzle qu'il faut aborder l'ouvrage de l'auteur britannique Jonathan Coe, dont les pièces sont figurées par l'histoire de chacun des membres de la famille Winshaw. Cette famille, redoutablement influente, a su s'imposer dans tous les principaux secteurs de l'économie anglaise et donne ici un prétexte à l'auteur pour une satire acerbe de la société.

Michael Owen, écrivain solitaire et peu sûr de lui, est chargé de rédiger l'histoire de la famille Winshaw par la vieille tante Tabitha. Le récit s'articule entre l'histoire des Winshaw et celle de Michael Owen dont les existences s'avérent être incroyablement liées. Jonathan Coe se livre ici à un magnifique exercice. Il tisse de nombreux liens entre ses personnages qui ne se révèlent qu'à la fin et donnent à ce roman toute sa saveur. Il en résulte une sorte de jubilation chez le lecteur qui savoure avec délectation les derniers chapitres.

Si comme moi vous avez trouvé la mise place du récit un peu longue, je vous invite néanmoins à persévérer car c'est vraiment dans la deuxième partie de l'ouvrage que tout le génie de l'auteur se fait sentir. La façon dont il nous manipule est totalement jouissive et la fin du roman est plus que jamais le point d'orgue d'une intrigue rondement menée.

COE Jonathan, Testament à l'anglaise, Folio, Gallimard, 8.50 euros.

vendredi, mars 24, 2006

Et vous, que lisez-vous?



Que lisez-vous en ce moment? Pour ma part, il y a toujours trop de livres en attente dans ma bibliothèque. Quelle galère! Chaque fois que j'en termine un, j'en découvre cinq! Du coup, j'ai un carnet. C'est un carnet noir à spirale que je trimbale la plupart du temps dans mon sac et où je note toutes les références des livres que j'aimerais m'offrir. En ce moment, il doit y avoir au moins 20 références! Et c'est sans compter les livres que je possède déjà et que je n'ai pas encore trouvé le temps de lire.

Mais la lecture, c'est affaire de patience. Il faut du temps, d'abord, pour lire le livre en question, mais aussi parfois pour se décider à le lire. N'y a t'il pas chez vous un ou plusieurs livres que vous avez acquis depuis un moment déjà mais que vous n'avez pas encore lus? Par manque de temps? Pas seulement pour ma part. Un livre, voyez-vous, c'est vivant, ça s'apprivoise. Qu'il soit épais ou au contraire trés fin, le livre ne se donne pas dès la première rencontre. Il faut parfois se préprarer psychologiquement à pénétrer son histoire. La lecture n'est pas sans conséquence, elle invite à un voyage intime au coeur de notre être. Alors, j'en ai qui m'attendent, parfois depuis plusieurs années, que je me décide à les ouvrir. Non pas que je les ai oubliés. C'est pas ça du tout. Mais pour eux, je ne suis pas encore prête.

Et puis, la lecture, c'est parfois difficile. On a fait le premier pas, lu les premières pages, voire une grande partie de l'ouvrage et pourtant on sent que là, c'est fini, on n'avance plus. Soit que le style est trop compliqué, soit que l'histoire s'enlise et ne capte plus notre attention... Il m'est même arrivé de laisser un livre seulement huit pages avant la fin. 8 pages sur un livre qui en compte 291... Je n'arrive pas à me l'expliquer. Il est dans ma bibliothèque, là, à portée de main, et pourtant je ne peux me résoudre à l'attraper pour finir les 8 dernières pages... Allez comprendre.

Mais la lecture, c'est aussi une porte sur le rêve, l'imaginaire, un monde nouveau qui s'ouvre à nous, qu'on peut transporter, qui nous influence parfois, nous fait réfléchir. C'est aussi une porte vers le savoir, la connaissance ou un outil de propagande... C'est puissant un livre, précieux, inestimable...

La plume enchanteresse de Joëlle Brière


A tous ceux et celles qui ne connaissent pas encore cette auteur, je les invite dès maintenant à ouvrir les pages des trés jolis livres de Joëlle Brière. Vous pourrez déguster ses petits textes courts et vifs, savoureux et percutants. Des morceaux de sagesse, déclarations d'amour à la vie, à la nature, odes à l'amitié qui vous bouleversent ou vous tirent dans de douces rêveries.

Joëlle Brière est une artiste, tant dans sa manière de ciseler les mots que dans les illustrations qui accompagnent ses ouvrages et qui trahissent l'humour et la malice de cette femme hors du commun. Véritable poétesse, ses écrits sont désormais enseignés dans les cours de français de collège. Quelle consécration pour cette ancienne institutrice! Si vous êtes allés au Salon du Livre ces derniers jours à Paris, vous l'avez peut-être rencontrée sur le stand des éditions de la Renarde Rouge. Car en plus d'être un écrivain merveilleux, Joëlle Brière est aussi une femme remarquablement dynamique qui n'a pas hésité à consacrer sa retraite au métier d'éditrice. Elle a, en effet, fondé en 1994 les éditions de La Renarde Rouge. Les ouvrages qu'elles publient sont à l'image de son travail personnel, des textes courts magnifiés par un papier ivoire de superbe qualité qui fait des ces petits ouvrages de véritables bijoux, trésors à conserver et véritable bonheur à feuilleter.

Parmi ceux écrits par Joëlle Brière elle-même, attardez-vous sur "Pinpanicaille", de petits poèmes destinés aux enfants (et aux plus grands!). Vous accompagnerez l'auteur dans son jardin, vos sens mis en éveil par sa plume magicienne, goutant les parfums de la terre, de l'herbe coupée, admirant les parterres de fleurs et parcourant avec gourmandise le potager, dans l'ouvrage que je préfère intitulé "Ce jardin devant moi...". Vous ferez le plein de sagesse en lisant "Et Zen alors!..." et vous laisserez envahir par la beauté de son dernier livre, paru en août 2005, "Les vergers", illustré par les sublimes calligraphies de Patrick Cutté.

Joëlle BRIERE, Pinpanicaille, Les éditions de la Renarde Rouge, 1994, 23 euros.
Joëlle BRIERE, Ce jardin devant moi..., Les éditions de la Renarde Rouge, 2003, 21.50 euros.
Joëlle BRIERE et Abel CHAMOZ, Et Zen alors!..., Les éditions de la Renarde Rouge, 2003, 16 euros.
Joëlle BRIERE et Patrick CUTTE, Les vergers, Les éditions de la Renarde Rouge, 2005, 24 euros.

mardi, mars 07, 2006

GAVALDA Anna, Je l'aimais, J'ai Lu


Putain de vie... A croire que le bonheur, c'est trop difficile, trop de travail, trop de complications. Je déteste ce bouquin ou je bien je l'adore... Difficile à dire. Ca m'a retourné l'estomac, mis les tripes à l'envers. Qu'est-ce que c'est que ça?! Qu'est-ce que ça veut dire?! C'est l'histoire d'une femme, que son mari vient de quitter. Son beau-père l'emmène à la campagne et une nuit se confie à elle. Il lui raconte que bien des années auparavant, il est tombé amoureux d'une femme qui le rendait infiniment heureux. Seulement il n'a pas trouvé le courage de quitter sa famille. Alors il l'a laissé partir et il est resté trés malheureux. Voilà. Putain de vie! Je suis révoltée! Découragée? Il faut prendre son bonheur en main, se secouer le prunier, s'arracher de sa torpeur quotidienne. Moi je le trouve effrayant ce bouquin. Il donne droit à l'erreur. Sauf que l'erreur, ça fait souffrir. Bien sûr, c'est bien écrit, bien sûr on est happé par l'histoire de Chloé et plus encore par celle de Pierre. J'apprécie toujours autant la plume de Anna Gavalda, mais cette histoire... Elle fait écho à tellement de craintes, de peurs, de doutes aussi... Ca m'a donné la nausée...

GAVALDA Anna, Je l'aimais, J'ai Lu, 4.50 euros.

lundi, mars 06, 2006

GERMAIN Sylvie, Magnus, Albin Michel



Je viens juste de tourner la dernière page de ce livre mais déjà il faut que je vous livre mon sentiment avant que la magie ne s'en aille. C'est un roman presque impossible à décrire et encore plus à résumer. C'est l'histoire d'un homme, voilà tout. Mais un homme qui doit reconquérir son passé, rassembler les morceaux d'un puzzle insaisissable, dont les pièces lui glissent entre les doigts comme de l'eau vive. C'est magnifique. C'est comme un rêve, tant le récit est parfois décousu. Ca ne raconte rien, juste l'histoire de la vie, de cette vie si particulière, de cette histoire si lourde à porter qu'elle ne se laisse pas facilement attraper. C'est un moment de grâce, mêlée à la douleur de ce personnage balloté par l'existence, rudoyé par les évènements.

Je pense que je l'ai lu trop vite. C'est un roman qui se déguste. Il faut le laisser s'aérer, laisser à l'histoire le temps de s'infuser lentement, de se diffuser doucement en nous. C'est un charme puissant, pas trés drôle, pas du tout anodin. La plume de l'auteur est légère, aérienne, enchanteresse. C'est magique et douloureux à la fois. Une merveille.

GERMAIN Sylvie, Magnus, Albin Michel, 17.50 euros.

samedi, mars 04, 2006

REYSSET Karine, A ta place, Editions de l'Olivier


Cécile est une jeune femme boulotte, qui vit seule avec son chat. Elle mène une vie monotone, entretenant ses kilos et sa solitude jusqu'à ce que le médecin d'un hopital psychiatrique ne la contacte pour lui donner des nouvelles de Chloé, son amour d'adolescente. Chloé a perdu la mémoire et ces retrouvailles vont bouleverser l'existence de Cécile, qui va tout faire pour retrouver son amour passé en redonnant vie à la jeune femme amnésique.

J'ai lu ce livre en deux jours. D'une part parce qu'il est assez court mais aussi parce qu'il m'a littéralement captivée. Pourtant, pour être tout à fait honnête, les premières pages ne m'ont pas convaincue et j'ai été tentée de stopper là ma lecture. Mais au fur et à mesure, le personnage de Cécile m'a profondément touchée. Dans sa quête du passé de Chloé, c'est un peu d'elle-même qu'elle va trouver, un retour en arrière sur son propre vécu qu'elle va faire, faisant les comptes, dressant le bilan de 13 années de solitude. La fin est terriblement brutale, laissant presque le récit en suspend, comme d'ailleurs la vie de Cécile, comme une claque, un grand coup qui vous laisse sonné. On voudrait crier "Et alors!! Ou est la suite?" ou bien "C'est tout?" mais à la réflexion, tout est dit. Je pense que le dénouement en déroutera plus d'un et le roman tout entier met assez mal à l'aise. Ecrit à la première personne, il incite le lecteur à mêler ses propres sentiments à ceux du narrateur, mêlant nos angoisses et nos espérances à celles de Cécile. "A ta place" porte d'ailleurs trés bien son titre, mais cela on ne le comprend qu'à la fin.

Le roman de Karine REYSSET ne figure pas parmi ceux que je vous conseille de tout coeur car je suis convaincue qu'il ne séduira pas tout le monde. Je ne suis d'ailleurs pas sûre de pouvoir dire qu'il m'a vraiment plu. Mais une chose est sûre, il ne m'a pas laissée indifférente.

REYSSET Karine, A ta place, Editions de l'Olivier, 18 euros.

vendredi, mars 03, 2006

BAILLY Jean-Christophe, Une nuit à la bibliothèque, Christian Bourgois


Imaginez-vous, la nuit, installés dans la salle de lecture d'une bibliothèque. Soudain, un homme vous adresse la parole et vous tient une sorte de conférence. Mais il est bientôt interrompu par des fantômes, les fantômes de livres qui s'interrogent sur leur existence, le monde extérieur, leur signification , leur place et qui transmettent leur expérience aux nouveaux venus.

"Une nuit à la bibliothèque" est une pièce de théâtre traduite de l'italien et qui a pour particularité de n'être jouée que dans des bibliothèques. En France, elle a été jouée dans les bibliothèques de Dijon, Caen et Montreuil. C'est un véritable petit bijou qui vous invite à réfléchir sur la conservation des ouvrages et leur avenir, et qui vous plonge dans une drôle d'atmosphère. En laissant la parole aux livres, elle nous rappelle que ces derniers constituent une part de notre patrimoine fragile soumis aux entraves du temps et aux mains des lecteurs peu scrupuleux. Elle nous rappelle aussi que les livres sont faits pour être lus, comme en témoignent les lamentations des différents "personnages" de la pièce qui se plaignent de n'être que trop rarement sortis de la réserve ou du rayonnage où ils ont été rangés.

Un trés joli texte que je vous conseille absolument et qui se lit trés rapidement.

BAILLY Jean-Christophe, Une nuit à la bibliothèque, Christian Bourgois, 10 euros.

A propos de Dan Brown


C'est comme une superproduction hollywoodienne: de beaux acteurs, de l'action, des rebondissements abracadabrants et une histoire d'amour qui finit bien. C'est ça un livre de Dan Brown. N'en déplaise aux pseudo-intellectuels qui décrient ce genre de littérature, plébiscitée par le plus grand nombre et responsable des meilleurs chiffres de vente en librairie, ses romans sont plaisants. Et ce serait faire preuve de snobisme que de s'en passer juste pour se démarquer, car voilà une des raison, à mon sens, les plus stupides de se priver de lire un livre.

Néanmoins, on peut regretter les histoires un peu tirées par les cheveux, des rebondissements tellement incroyables qu'ils en deviennent nettement moins convaincants, un style peu travaillé et des héros stéréotypés. On peut reprocher à l'auteur de nous resservir avec des intrigues différentes, une recette en fin de compte unique qu'il duplique dans chacun de ses romans. Je ne vous dévoilerai donc rien en vous disant que dans le dernier opus paru chez Lattès, on a droit à une intrigue politique (comme dans ses ouvrages précédents) impliquant le président des Etats-Unis et un sénateur qui fait campagne pour la Maison Blanche, des méchants que l'on ne soupçonnait pas au début et qui nous mènent en bateau jusqu'à la fin (idem dans "Da Vinci Code" et "Anges et Démons") et une découverte scientifique phénoménale de la NASA qui doit changer la face du monde (cf "Anges et Démons"). Je ne vous cacherai pas que le héros passe à plusieurs reprises tout prés d'une mort qui semble inéluctable pour finalement s'en sortir de façon invraisemblable (et sans suspens merci). On notera toutefois que, comme pour ses romans précédents, l'auteur nous livre ici une histoire remarquablement bien documentée et fait preuve d'une imagination débordante!

En résumé, Dan Brown nous réserve encore quelques moments de détente mais rien qui vaille la peine de se précipiter à la librairie.

BROWN Dan, Deception point, JC Lattés, 22 euros.

mardi, février 28, 2006

STROUD Jonathan, L'Amulette de Samarcande, Albin Michel



Ce livre ne figure pas parmi les nouveautés, encore que vous le trouverez souvent bien en vue dans les librairies "jeunesse" car il s'agit d'une trilogie ("La Trilogie de Bartiméus") dont le dernier tome est paru en 2005. "L'Amulette de Samarcande" en est le premier volet.

L'histoire nous emmène à Londres au sein de la communauté des sorciers. Ca vous rappelle quelque chose? Eh, bien vous n'y êtes pas du tout! Rien à voir avec un célèbre jeune sorcier anglais à lunettes rondes! Ici, bien qu'on reprenne la même thématique, la sorcellerie est abordée avec un angle radicalement différent. Dans le roman de Jonathan STROUD, le monde est gouverné par les sorciers, une caste trés fermée, qui détient le pouvoir. Et par l'intermédiaire d'un jeune apprenti trés (trop?) doué, l'auteur nous plonge au coeur des luttes de pouvoir et tentatives de coup d'état, tandis qu'une partie des plébéiens (les non-sorciers) organisent la résistance et sèment le trouble.

Le ton est plein d'humour et l'histoire haletante encore que le début est un petit peu long. Le récit est construit sur une alternance entre ce que vit le petit garçon et ce que vit le démon nommé Bartiméus, leur deux histoires étant bien sûr imbriquées. Lorsqu'ils sont ensemble, cette construction a pour avantage de nous livrer les points de vue de chacun des deux protagonistes sur l'action qu'ils sont en train de vivre. Jonathan Stroud manie trés bien la psychologie de ses personnages, notamment celui du jeune garçon, dont on ne sait pas trés bien à l'issue de ce tome s'il sera finalement du côté des gentils ou si l'ambition et la tristesse le feront pencher vers le côté obscur de la Force...

Le tome suivant est intitulé "L'Oeil du Golem" et il attend sagement dans ma bibliothèque que je termine les ouvrages que j'ai en cours! Dès que je l'aurais lu, je vous livrerai ici mes impressions. En attendant, jetez-vous dès que possible sur ce roman vraiment palpitant!

STROUD Jonathan, L'Amulette de Samarcande, Albin Michel, 2003, 17 euros.

dimanche, février 26, 2006

SARDOU Romain, Une seconde avant Noël, XO éditions


Ce livre est à destination des grands enfants, ceux qui croient encore au Père Noël, que les contes de fées charment encore et qui savent laisser place au rêve et à l'innocence. Le roman de Romain Sardou n'a pas d'autre ambition que de nous replonger dans le monde doux et sécurisant de l'enfance. On s'imagine au coin d'une cheminée, un soir d'hiver et on laisse notre imagination vagabonder au pays des lutins, des fées et du Vieux monsieur à barbe blanche! Dans un univers digne de Dickens, on suit les péripéties d'un petit garçon, pauvre et orphelin et on assiste à la naissance d'un mythe, tout ça sous le regard bienveillant et avec l'aide des créatures magiques.

Si comme moi, vous aimez les histoires où tout finit bien, les histoires douces comme un sucre d'orge accroché au sapin, préparez-vous un bon chocolat chaud, callez-vous dans un fauteuil trés moelleux et embarquez pour le pays de tous les possibles! Vous y rencontrerez des rennes volants, des lutins malicieux, une fée trés avisée, un Génie prêt à tout pour se racheter, et peut-être, si vous avez été trés sages, le Père-Noël lui-même. Vous découvrirez alors qu'il n'est peut-être pas celui que vous pensez...

SARDOU Romain, Une seconde avant Noël, XO éditions, 19.90 euros.